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Image http://www.lehistoire.net/Navire-de-commerce-Egyptien-ancien

     " La Lybie est assurément entourée d'eau. Néchao, roi d'Egypte, est le premier à notre connaissance à l'avoir établi. Lorsqu'il eut achevé les travaux du canal qui conduit les eaux du Nil au golfe arabique, il fit partir des Phéniciens sur des vaisseaux avec l'ordre de rentrer par les colonnes d'Hercule dans la mer Septentrionale et de regagner l'Egypte."

                                                                                                          
Hérodote .


NECHAO II

               Néchao II, pharaon de la XXVIème dynastie, régna sur l'Egypte entre 610 et 595 av. J.-C.
Durant les cinq premières années de ce règne il partit à la conquête de l'Est, defaisant Josias, le roi des Juifs, à la bataille de Megiddo. S'élançant alors vers l'Euphrate pour investir Babylone il est arrêté par  Nabuchodonosor qui lui inflige une lourde défaite à Karkemish en 605. Néchao se replie  sur ses terres d'Egypte et, de là, regarde vers la mer qui va lui apporter ses deux plus grands titres de gloire :

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La réalisation, 2500 ans avant Ferdinand de Lesseps, d'une voie navigable Méditerranée - Mer Rouge et surtout l'organisation du plus merveilleux périple de l'antiquité : le tour de l'Afrique.

LE PERIPLE AFRICAIN

          Et Hérodote poursuit : " Les Phéniciens s'étant donc embarqués dans la mer Erythrée (mer Rouge) naviguèrent dans la mer Australe. Quand l'automne fut venu, ils débarquèrent et semèrent du blé, ils attendirent ensuite le temps de la moison puis, après la récolte, ils reprirent la mer...Ils doublèrent au cours de la troisième année les colonnes d'Hercule et revinrent en Egypte. Ils racontèrent à leur retour qu'en faisant voile autour de la Lybie ils avaient eu le soleil à droite".

          Hérodote avait recueilli ses renseignements auprès des prêtres rencontrés lors de son voyage en Egypte, cent cinquante ans après le règne de Néchao, le souverain qui avait décidé de lancer autour de l'Afrique une expédition composée de trois navires menés par des Phéniciens, maîtres dans l'art de la navigation à cette époque, auxquels devaient se joindre des pilotes arabes pour la première partie du périple.

pentacontere_grecque
http://www.lehistoire.net/Pentacontere-Grecque-600-av-J-C

L'expédition appareilla d'Arsinoë (Suez) vers la fin de l'été de manière à se retrouver début décembre dans l'océan Indien et profiter ainsi de la mousson favorable de nord est. On ignore le type des vaisseaux utilisés : navire de commerce ou pentacontère grecque ou encore birème phénicienne ?, mais on peut imaginer des navires venus de Méditerranée par le canal récemment mis en service.

bireme_phenicienne
http://www.lehistoire.net/Bireme-Phenicienne

           Depuis Arsinoë les trois navires entreprirent la lente descente de la mer Rouge : la navigation se faisait de jour, rarement la nuit. Chaque soir ou presque il fallait trouver un mouillage abrité ou un port connu :  Albus Portus ou Philoteras (Kosseïr), Sefaga (80 km au sud d'Hurghada), l'île d'Ophiousa qui deviendra Bérénice Toute en Or (de nos jours Ollaki), Darate (Port-Soudan), Souakim un peu plus au sud, Adulis (Massaoua), Malao proche de "notre" Djibouti, Mundis (Bandar Hais), Mosyllum (Ras Hantara).

carte_mer_rouge

Par sauts de puce l'expédition dût atteindre et doubler le promontoire Eléphant (Gardafui) début décembre et entreprendre sa descente le long de la côte Aromatique avec ses escales d'Opone (Ras Hafun), de Bénadir aux îles Pyralées (Patta) pour atteindre l'île de Ménuthias ( Pemba ou Zanzibar), réputée riche et verdoyante, vers la fin décembre.

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Avant de plonger vers l'inconnu l'expédition dût faire des vivres et toutes sortes d'approvisionnements, s'attardant à Ménuthias ou, environ deux jours de mer plus bas, à Raphta, dans la région de l'actuelle Dar es Salam.
Là s'arrêtaient la science des pilotes arabes et la Côte Barbarique soumise aux rois Sabéens qui commerçaient avec les "barbares" de la région.

Le voyage avait été jusqu'alors de routine pour les pilotes arabes qui fréquentaient cette côte orientale de l'Afrique régulièrement. Mais les choses allaient changer car l'expédition s'engageait maintenant dans une mer et le long de côtes inconnues, sans savoir si elle pourraît renouveler ses provisions d'eau et de vivres : permettraient-elles d'atteindre les Colonnes d'Hercule comme l'avait prescrit Néchao ?
Certains disaient qu'au sud de Raphta la côte s'infléchissait vers l'ouest et menait à la Mer Brève ( l'océan Austral) pour atteindre un cap nommé Prasos (cap Corrientes). Lentement l'expédition sortit du Canal de Mozambique : la température fraîchissait, souvent la mer était grosse et les vents contraires.
Vers le début d'avril nos explorateurs longèrent une côte montagneuse et aride. La température tombait toujours. Perplexité chez nos marins : bien que, pour eux, on fût au début du printemps le temps était automnal et bientôt, ce qu'il fallait bien considérer comme un hivernage s'imposa.
Il est fort probable qu'ils recherchèrent un îlot ou une presqu'île facile à défendre face à d'éventuels ennemis et aux bêtes sauvages.

...à suivre ....      et toujours  http://debarcaderes.over-blog.com/