Est-ce Monsieur Luong-Nam qui, tailleur au 13 de la rue Nguyen-Van-Thin, me fournissait en uniformes de toile blanche et costumes légers ?

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Ou alors Monsieur Ha-Xuong qui, lui, exerçait au 14 de la même rue.

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Ou peut-être encore la Maison Brother's Fashion de Natham Road à Kowloon, Hong-Kong ?

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Le mieux est de vérifier sur une tenue, dans la cantine.
L'étiquette dit : Poh-Tai, Ship's Tailor, Singapore. Curieux, car dans mon souvenir, mon tailleur se nommait Tranh : Monsieur Tranh, de Saïgon. Que fait ma mémoire, donc ?

Une mention manuscrite, au dos de la carte des Brothers Fashion, la réveille. L'écriture est malhabile mais on peut y lire : Monsieur Jacques.
Et j'y suis. Monsieur Jacques ( il disait ZAC ) ne me confectionnait pas d'uniformes. Il me promenait à travers Hong-Kong, me fourguant au passage une petite bouteille de HAPPY LOVE ( "Le plaisir pour Madame", précisait Monsieur Jacques ) ou des paupières de mouton séchées avec leurs cils et dont il m'avait fourni le mode d'emploi, toujour pour "faire plaisir à Madame". Jamais je n'avais imaginé que l'on ait autant d'attentions à l'égard de la femme en Chine.

Dans Le Plan de l'Aiguille, Blaise Cendrars, un fin connaisseur, explique : "Le guesquel est cet instrument dont les Indiens Patagons se servent pour faire jouir leurs femmes. Il se compose d'une petite couronne de touffes de crins de mulet soigneusement montés sur une mince ficelle tricolore...Leur effet est si violent que la femme hurle, pleure, grince des dents, mord, éclate de rire, sanglote....On peut voir quelques rares exemplaires de cet instrument érotique dans la collection du Musée de l'Homme, à Paris".
A défaut on peut toujours voir mes paupières de mouton, chez moi, à Saint-Malo.
A l'époque, ce passage du Plan de l'Aiguille m'avait échappé : j'aurais testé mes paupières. Et je ne parle pas de la conjonction Happy Love - paupières...

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